L’Arche de Gaza

Comme le navire de Noé, le projet L’Arche de Gaza, porte un message fort. Il prévoit la reconstruction d’un bateau dans le port de cette ville palestinienne, afin de naviguer avec une cargaison de produits palestiniens destinés à l’exportation. David Heap est le porte-parole du projet en Europe, il est présent à Nice ce vendredi 3 mai à 19 heures à la salle FSGT, au 27 rue Smolett.

Comment ce projet est-il vécu au quotidien par les Palestiniens de Gaza qui, sur place, travaillent sur la reconstruction du bateau ?

David Heap : La reconstruction de notre bateau ne peut créer qu'un petit nombre d’emplois directs dans le port de Gaza, pour quelques ouvriers seulement. En plus, il y aura quelques embauches indirects dans les coopératives agricoles et les organismes communautaires qui auront des contrats de vente de produits pour l'exportation. Mais il faut voir les effets au-delà de ces emplois. Dans le contexte d'un taux de chômage extrêmement élevé et d'une économie suffoquée par le blocus, tout acte de solidarité directe constitue un rappel aux Palestiniens et Palestiniennes de Gaza que les peuples solidaires du monde ne les oublient pas. Le fait de construire de l'espoir de façon visible dans leur port touche beaucoup la société civile palestinienne en général.
2375 LARCHEDEGAZAEst-il vraiment possible que l’Arche de Gaza puisse défier le blocus imposé par Israël ?
Bien sûr c'est possible! Rappelons que les premiers cinq voyages du Free Gaza Movement, en 2008, ont réussi à atteindre le port Gaza et à en repartir aussi. Ce n'est qu'à partir de décembre 2008, avec l'opération « Plomb Durci », qu'Israël commence à attaquer systématiquement les bateaux et nos flottilles.  C'est donc tout à fait possible de passer à travers le blocus israélien, tout dépend des choix que fait l'état occupant. La réaction d'Israël dépend en partie des positions (pour le moment, complices) que prennent les dirigeants politiques en Europe et en Amérique du Nord. 
Nous connaissons très bien les risques des voyages que nous entreprenons: moi-même j'ai été à bord du Tahrir en novembre 2011 quand il a été arraisonné par la marine israélienne. Il ne faut pas cependant se laisser décourager. Quand nous naviguons contre le blocus, nous naviguons aussi contre nos propres gouvernements complices de l'occupation et du blocus
L'idéal c'est toujours que les bateaux et les biens puissent arriver à briser le blocus, mais le plus important, c'est que notre message passe, auprès des Palestiniens et Palestiniennes et dans nos pays aussi.
Vous envisagez de faire partir ce premier bateau cet été. La date est toujours d’actualité ?
Notre calendrier évolue constamment en fonction de la marche du projet: nous visons maintenant plus tard en 2013.
Ce projet est-il le premier d’un série qui pourrait apporter une bouffée d’oxygène à la population gazaoui, très touchée par le chômage ?
Cette campagne est une continuation des années de travail de la coalition internationale de la Flottille de la Liberté (1), et nous sommes déterminés à continuer à accompagner les Palestiniens de Gaza dans leur lutte pour la liberté de mouvement. Notre engagement inclut aussi une campagne de solidarité avec le secteur de la pêche à Gaza, durement touché par le blocus militaire. Une paix durable et juste exige le lever définitif du blocus et la pleine liberté de mouvement pour tous les Palestiniens et Palestiniennes.
L’Arche de Gaza n’est pas un projet d’aide mais une action pacifique contre le blocus… 
La société civile palestinienne le dit très clairement: ils ne veulent pas dépendre de l'aide humanitaire, ils ont besoin de leur liberté afin de vivre dignement. L'économie de Gaza a déjà été très productive, elle peut l'être encore à l'avenir: pour y arriver, toute l'aide du monde sera insuffisante sans la volonté politique d'en finir avec le blocus.
L'apport économique d'un bateau avec 40 mètres cubes de marchandises reste nécessairement symbolique: l'essentiel, c'est le geste politique d'affirmer leur droit à la liberté de mouvement et à la souveraineté économique.
Pour les dons…
Pour faire un don ou acheter des "actions" symboliques, tous les renseignements se trouvent sur : http://www.gazaark.org/fr/faire-un-don/
On peut aussi donner un appui moral (à titre individuel ou organisationnel) sur : 
http://www.gazaark.org/endorse/

Propos recueillis par Lidice BUSOT

(1) :  www.freedomflotilla.org

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